N°3 / juin 2026
« En chemin d’alliance »
L’Institution Saint-Alyre passe le 13 juin de cette année de la tutelle des Ursulines de Clermont à celle de la Congrégation Notre-Dame, et elle entre dans le réseau d’établissements Alix-Notre Dame.
Édito

Ce dernier numéro de la Gazette « Passer et Transmettre » nous conduit au seuil de la dévolution de tutelle, qu’il a cherché à expliquer et à anticiper.
L’Institution Saint-Alyre passe le 13 juin de cette année de la tutelle des Ursulines de Clermont à celle de la Congrégation Notre-Dame, et elle entre dans le réseau d’établissements Alix-Notre Dame. Ce passage s’opère dans la confiance réciproque, dans une familiarité tissée par des rencontres, des échanges, entre tutelles, chefs d’établissements, responsables pédagogiques, éducatifs, pastoraux, et ces moments riches et cordiaux sont appelés à se poursuivre voire à s’intensifier, pour que la communauté se construise et s’éprouve sensiblement.

C’est bien d’un processus d’alliance qu’il s’agit, et nous savons de nos devanciers qu’il mûrira, comme toute alliance, à travers les aléas du présent, en traçant sa route guidé par le souci de faire grandir ceux qui nous sont confiés et d’adapter sans cesse, pour mieux le vivre et le faire vivre, le trésor que nous a légué la tradition.

Des élèves, actuels et anciens ; des enseignants, des cadres, des éducateurs, actuels et anciens, des représentants des parents d’élèves, des membres des associations, ont été naguère invités à dire ce que représentait pour eux Saint-Alyre. L’inventaire est loin d’être exhaustif, et ce qui n’a pas été exprimé recèle sûrement mille pépites … Les chefs d’établissement de Saint-Alyre et le président de l’OGEC expriment à leur tour le sens que ce passage confère à leur action présente, et future.

Dans la même ligne, et parce que leur expérience précède la nôtre, des membres du réseau Alix-Notre Dame, chefs d’établissements actuels et anciens, membres de la tutelle, ont amicalement accepté de dire ce que signifie leur appartenance à ce réseau et comment elle marque leur manière de faire et d’être – qu’ils en soient remerciés.

Ce passage ravive l’invitation inscrite dans notre mission : « faire communauté » : ensemble, dans le réseau, et dans chacune de nos maisons.

C’est peut-être l’occasion de redire que dans la communauté éducative dont ils sont à part entière parties prenantes, d’autres personnes, d’autres intervenants, moins en lumière, contribuent non seulement à la marche, et c’est déjà beaucoup, mais aussi à l’identité de l’établissement. Que serait-il sans entretien, sans administration, sans accueil, sans … restauration ? On ne pense pas d’abord à ces personnes (ce qui ne signifie pas qu’elles n’aient pas marqué les mémoires et les esprits) quand on pense à un établissement d’éducation.

Et pourtant elles y assurent des tâches, des modes de présence irremplaçables et qui conditionnent la vie de l’ensemble :
on a donc cherché non pas à les mettre en lumière, ce qu’elles récuseraient, mais à rendre compte, non sans gratitude, de leur mode de présence et d’action.

Bonne lecture !

Sœur Saint-Pierre
pour le comité de pilotage de la dévolution.

Saint-Alyre, aujourd’hui
Questionnaire
Mag’Alyre

L’idée du questionnaire diffusé à l’ensemble de la communauté éducative émane d’un groupe d’une douzaine d’élèves qui, autour de Gabin Colbert (élève de 1ère), fait paraître régulièrement le « Mag’Alyre », qui arrive à son 10ème numéro. Ce magazine généraliste, et foisonnant, comporte des interviews, des comptes-rendus d’événements, de lectures, des analyses de l’actualité, des conseils pour la vie ordinaire…

Ce document propose une synthèse des réponses du questionnaire qui a été produit en vue de mieux se connaître « de l’intérieur », et de mieux se donner à connaître par le réseau Alix-Notre Dame avec lequel nous faisons alliance.

CONCLUSIONS ET AXES DE VALORISATION

Forces identifiées (points de consensus)

  • Un cadre physique unique et mémorable, générateur d’un « effet waouh » à l’arrivée
  • Une culture institutionnelle forte : travail, rigueur, bienveillance — des valeurs cohérentes entre tous les profils
  • Des projets fédérateurs reconnus (voyages, Olympiades, échange Mexique, food-truck, Bicentenaire)
  • Un personnel profondément attaché à l’institution (score moyen 8,15 pour les enseignants, 10/10 pour l’administration)
  • Une dynamique intergénérationnelle : anciens élèves devenus personnels, continuité familiale
  • Un sentiment d’appartenance majoritairement positif (51,8 % des notes ≥ 7/10)

Axes de vigilance (signaux à traiter)

  • 20,2 % de scores d’appartenance ≤ 3 : une minorité significative peu attachée, principalement chez des élèves
  • La tension entre exigence et épanouissement : révision, réactualisation du règlement intérieur ; « pression scolaire » à élucider pour apporter des remèdes le cas échéant.
  • L’infrastructure vieillissante : forte demande de rénovation et d’espaces de vie modernes.
  • La qualité humaine inégale : quelques enseignants ou surveillants perçus comme peu à l’écoute.
  • Le temps scolaire : les journées longues et les horaires tardifs génèrent de la fatigue (élèves)

Recommandations pour la communication institutionnelle

  • Valoriser le capital humain : témoignages d’anciens élèves, reconnaissance du personnel OGEC
  • Mettre en avant les projets fédérateurs dans les communications externes (site, Portes Ouvertes)
  • Faire fond sur l’émotion positive exprimée dans Q10 (remerciements sincères)
  • Répondre aux attentes d’infrastructure dans un projet d’établissement visible et communiqué
  • Travailler la cohérence entre l’esprit annoncé (bienveillance) et le vécu quotidien de tous les élèves.

— Document établi sur la base de 226 réponses collectées en janvier 2026 —

— Analyse réalisée par la Direction Administrative et Financière, Institution Saint-Alyre —

Aider, accompagner, s’ouvrir aux autres
Lydie Mainieri

Assistante administrative en charge du LG-LP-LT + CPGE et BTS

Mon travail relève de la logistique et des services techniques. J’assure un lien entre enseignants, élèves et familles. Je m’occupe des paramétrages Charlemagne, Ecole Directe… (et l’accompagnement à l’utilisation de ces outils) par les enseignants, les élèves et les familles : pour l’appel, les notes, les groupes, les horaires, la gestion des absences…

Mais je ne vis pas dans mon bureau en face de mon écran ; je vois toujours des gens. En ce moment, Parcoursup, les inscriptions aux examens : les élèves viennent pour être rassurés, s’assurer qu’ils ont bien saisi les données… Je rencontre deux populations d’élèves : ceux d’après 16 heures, en majorité des internes, qui viennent pour des informations mais surtout pour une écoute ; et ceux d’avant
16 heures qui demandent de l’aide pour les démarches administratives, viennent chercher la convocation qu’ils ont perdue … Le rectorat nous délègue toute la logistique pour mettre en place les examens.

Je travaille aussi pour les enseignants : pour la saisie de leurs états de service … cela suppose la maîtrise d’outils techniques et aussi de données comme les pondérations des heures en fonction des niveaux … J’aime bien cet aspect qui demande de la rigueur.

On est souvent interrompu dans les tâches purement administratives par des enseignants, qui ont … perdu leur mot de passe, ou éprouvent des difficultés à utiliser telle fonction d’École Directe, Parcoursup… ou à gérer la périodicité de saisie des notes, d’appréciations … « On est là pour ça ». Sans oublier qu’avec les enseignants et entre collègues on a de vrais moments de détente, on peut rire avec ceux qui ont l’art de rapporter des anecdotes drôles !
Je perçois la Maison comme une famille. On sert à quelque chose. Les élèves qu’on revoit sont souvent ceux qui ont causé le plus de tracas. Oui, je pense bien avoir un rôle éducatif, qui comporte de l’accompagnement (technique et humain, cf pour Parcoursup) ; je vais dans les classes pour expliquer différentes procédures, comment on s’inscrit aux examens… Avec un aspect de « tuteur » : celui qui intervient quand l’autre ne sait pas user complètement de sa responsabilité, et aussi ce qui (en botanique) aide à « pousser droit ». « Aider » fait partie de mon travail, dans lequel je me sens reconnue ; il y a des familles qui savent remercier pour l’aide apportée sur une inscription, sur l’usage d’un logiciel…

À l’avenir, j’ai envie de voir perdurer le caractère propre de Saint-Alyre ; j’aimerais qu’on reste ce que l’on est … ce qui ne signifie pas, loin de là, qu’on ne va pas changer ni bouger ! Je suis arrivée à Saint-Alyre comme élève au lycée technique : dans l’établissement d’où je venais, j’étais une bonne élève mais en tant qu’interne je m’octroyais … pas mal de libertés. Mes parents m’ont donc inscrite à Saint-Alyre. J’y suis revenue en 2008 pour un remplacement à l’accueil, puis au secrétariat (suite aux congés de deux collègues), où j’ai été embauchée. D’abord en charge des maternelles jusqu’aux lycées, et aujourd’hui des Lycées, CPGE et BTS. J’apprécie la confiance que me font mes deux directeurs adjoints : mon travail n’est pas vérifié, et on se parle, je ne suis pas une pure exécutante ; l’un d’eux me dit souvent : « tu as toujours une année scolaire d’avance ! ».

À la nouvelle tutelle j’ai envie de dire : « gardez l’essentiel ». Et de demander de cultiver davantage la possibilité de « tourner » : aller voir ce que font les autres, pour favoriser l’ouverture à d’autres personnes et à d’autres manières de faire auxquelles on ne pense pas forcément parce qu’on a d’autres habitudes… J’aimerais davantage d’ouverture entre nous : secrétariat, vie scolaire, et avec l’École primaire dont on est un peu isolé – dans l’espace, et pas seulement. Pour nous, les secrétaires, il pourrait être intéressant de passer une journée sur un autre secteur, une autre entité : aller voir ce que font les autres est un excellent moyen de se former.

Pour s’ouvrir il faut ne pas avoir peur ; avoir du temps certes ; mais quand on veut on trouve le temps.
Et cela évite la critique facile, les remarques mesquines. « Aller voir » pour éviter de critiquer alors qu’on ne sait pas ; plus on comprend et moins on juge !

Tisser du lien
Stéphanie Cohade

Assistante administrative en charge du collège

Je suis assistante administrative en charge du collège… et en poste à Saint-Alyre depuis mai 2006. J’y avais été élève (1ère et terminale STT), et après 2 années d’études en fac j’y reviens passer mon BTS d’Assistant de Direction. Je repars en fac passer une licence pro (médiateur socio-économique) … et on me sollicite à Saint-Alyre pour un remplacement de secrétariat ; je travaille ensuite dans une entreprise de transports ; Saint-Alyre me rappelle… et je n’en suis plus partie.

Le lien entre la famille et l’école me semble essentiel ; lors des inscriptions, je rencontre parents et enfant(s), ils savent que je serai leur interlocutrice pour les questions administratives … au sens parfois très large : il arrive que des pans de la vie des familles se dévoilent, qu’on reçoive des confidences ;
on se revoit aux journées Portes Ouvertes, à la rentrée scolaire ; on se connaît, on a un nom.

Bien sûr il y a les tâches administratives, qui ne se simplifient pas ; l’Éducation Nationale a tendance à demander toujours davantage.

Mais derrière les dossiers il y a des présences, des visages, et toujours le contact humain à privilégier.

J’ai la chance de côtoyer des intervenants extérieurs qui nous aident sur des points sensibles, nous forment à l’écoute (pour la prévention du harcèlement, par exemple ; la mise en place des critères pour le déceler) ; j’en rencontre d’autres qui viennent en dehors des heures proprement scolaires :
d’abord pour mettre en place des organisations, des plannings, des horaires ; mais il y a d’abord, et toujours, la relation à la personne.

C’est sûr que les difficultés relationnelles peuvent parasiter le domaine proprement scolaire ; que l’explosion des nouveaux médias et le recours sans répit aux réseaux sociaux change la face des choses, réduit la capacité d’attention (à l’autre, à ce qui est enseigné…). C’est sûr que j’ai vu de vraies évolutions ; celles qu’on peut regretter, celles aussi qui donnent davantage de chances aux élèves : le soutien du mercredi, les « devoirs faits » : tout ce qui relève de l’accompagnement. On est beaucoup dans l’accompagnement, et je l’avais perçu très vite après mon arrivée (en traînant les pieds !) comme élève à Saint-Alyre. C’est quelque chose dont j’ai bénéficié et que j’ai envie de poursuivre.

Au collège, les élèves savent qu’il n’y a pas de bureau fermé et qu’ils sont libres de voir qui ils veulent – dans la mesure où l’interlocuteur sollicité est disponible, bien sûr. Il y a ceux qui ont besoin du contact quotidien (on est parfois la maman de substitution), et d’autres plus à distance. Je suis présente aux conseils de classe, présente aussi à l’orientation, pour laquelle on se rencontre, on rencontre les familles, on échange en équipe.
La journée de « formation Avenir » du 11 novembre 25 a été précieuse, ne serait-ce que pour savoir où chercher des infos, pour commencer parfois à ouvrir quelques chemins que les élèves emprunteront … ou pas ! Je pense être capable d’associer un visage au nom d’à peu près tous les élèves du collège ; je connais des éléments de leurs parcours. Je dis
« mes collégiens » : non qu’ils soient ma propriété !
Mais ils me sont proches par fréquentation, et j’ai vraiment le sentiment que les adultes, entre lesquels il peut y avoir des différends, sont quand même soudés par ce qu’ils font ici, par le souci de l’élève qui leur est confié et de sa croissance.

Saint-Alyre est pour moi comme une seconde maison à laquelle je suis attachée, dans laquelle je me sens bien, que je vois évoluer ; je sais pourquoi je viens travailler et j’ai à cœur de poursuivre la transmission de ce que j’y ai moi-même reçu.

Entraide, esprit d’équipe, communauté
Claire Duranthon

Assistante administrative en charge des maternelles et de l’École primaire

Je suis arrivée ici en 2009, sans connaître Saint-Alyre – sauf au travers d’un stage de préparation au BAFA ; auparavant j’avais fait de la téléprospection pour une entreprise. La standardiste prenait un congé, je la remplace à l’accueil, j’ai 19 ans.

Mon travail d’assistance administrative à l’école primaire me conduit à établir des liens avec les personnes de l’extérieur ; je suis souvent la première rencontrée par ces personnes à leur arrivée. Le lien existe bien sûr avec la directrice et avec les familles ;
pour une inscription, après le temps de rencontre et de visite de l’établissement avec la directrice, les parents viennent vers moi pour les démarches administratives.

Je regrette le manque de relais entre « ici et là-bas » :
les deux sites sur lesquels se trouve Saint-Alyre :
d’un côté l’École, de l’autre collège, lycées et post-bac ; on a peu de contacts, sauf à se déplacer, avec les personnes de la comptabilité, les enseignants… J’aimerais qu’on trouve des temps d’échange, qu’on invente des rituels pour se retrouver de temps à autre, qu’on puisse créer et entretenir des liens.

À mon arrivée à Saint-Alyre j’étais à l’accueil entre 15h et 21h30. Une sœur m’a proposé, puisque je ne connaissais pas Saint-Alyre, de venir un peu plus tôt pendant 15 jours … et elle m’a fait visiter, elle m’a parlé de la Maison … Pour moi c’était le meilleur accueil, une manière de m’inclure dans la famille. J’ai perçu Saint-Alyre comme une grande famille, dont le socle était les ursulines ; et mon poste à l’accueil comme un poste central.

À l’École on se sent soudés, il y a une équipe derrière la directrice ; on s’entraide, on se remplace si besoin ;
on donne un coup de main dans une classe, sur la cour, en cas d’absence ou de « coup de mou » ;
on est là les uns pour les autres. Il y a une sorte d’alchimie qui fonctionne, orientée vers le bien des enfants. Je pense contribuer au travail éducatif ;
par la rencontre de parents, d’élèves aussi, et d’enseignants ; mon bureau peut parfois être une sorte de sas de décompression : pour l’élève qui perturbe la classe, les enseignants qui ont besoin de souffler ; l’humain n’est jamais séparé de l’administratif… J’aide les maîtresses à récupérer les documents auprès des élèves, c’est une charge de moins pour elles ; réciproquement elles me facilitent aussi la collecte.

Je connais pas mal d’élèves par leur nom ; nous travaillons en étroite collaboration et en bonne entente avec Aïda qui gère la vie scolaire, les appels, les absences, la cantine, surveille les repas, prend en compte les allergies, les PAI… Cela me permet d’être davantage dans l’assistance de la directrice ;
j’apprécie qu’elle puisse me demander mon avis, comme maman, sur tel ou tel élève ; ou la relecture de mails… Mon poste évolue vers une aide à la direction, et j’apprécie beaucoup la confiance qui m’est faite.

À la nouvelle tutelle j’ai envie de dire : « bienvenue dans cette grande Maison, dans cette famille ; on vous fait confiance ». J’ai envie qu’on poursuive et qu’on entretienne le travail d’équipe, l’entraide, le fait d’être là si besoin ; je suis désireuse de rencontrer dans le réseau des personnes qui ont des postes qui ressemblent au mien et d’échanger sur nos pratiques : utilisation d’autres outils, entraide : je pense que je prendrai vite l’habitude du réseau.

Pour moi il y a une vraie complémentarité de tous dans l’éducation : c’est la communauté qui éduque. Je me trouve bien, à ma place, au poste que j’occupe à l’École ; je pense que le fait de commencer par l’accueil a été une bonne chose pour moi, et qu’il pourrait l’être pour tous ; c’est le lieu de l’apprentissage et de la découverte de la Maison.

SODEXO SAINT-ALYRE
aujourd’hui, c’est

environ 2100 rationnaires par jour, tous repas compris, du petit-déjeuner au dîner en passant par le goûter ; ce qui signifie, par jour et à titre indicatif

une équipe de 19 personnes

160 kgs de viande environ, 180 kgs pour le bœuf bourguignon préparé « maison »

250 kgs de frites pour 1 service

100 kgs de pâtes, ou de riz, ou de lentilles

140 kgs de brocolis

900 beignets au chocolat et les indispensables cookies du Food-Truck

L’actuel gérant, se trouve à Saint-Alyre depuis déjà 9 ans
Frédéric Tranchard

Avant Saint-Alyre ?

Un parcours diversifié, qui va de la restauration traditionnelle à des postes de chef de rayon dans la Grande Distribution, une expérience de 5 années dans un EHPAD de 80 résidents …

En arrivant à Saint-Alyre ?

Passer de 80 rationnaires à environ 1600 quand je suis arrivé, « ça fait drôle », et même un peu peur ; l’écart entre les quantités est … impressionnant ; puis on s’habitue …

Qu’est-ce qui vous tient à cœur, vous et votre équipe ?

La qualité des produits, leur origine ; on travaille le plus possible avec les producteurs locaux, dans ces circuits courts, avec une vraie traçabilité ; une part importante des légumes vient de Pont-du-Château qui centralise des maraîchers locaux ; la viande, les yaourts viennent du Cantal… le « bio » ne nous est pas indifférent ; mais nous sommes sensibles à l’empreinte-carbone qui peut être générée par des moules bio venant … du Chili !

Nous avons à cœur de faire plaisir autant à nos rationnaires habituels qu’aux invités à des prestations extra-ordinaires, que nous apprécions parce qu’elles nous permettent de sortir d’une certaine routine, et aussi de montrer que nous sommes de vrais cuisiniers, pas seulement des personnes qui réchauffent du tout-prêt – bien sûr, nous recourons forcément à des produits surgelés, mais nous restons vigilants autant que possible sur la qualité et des produits, et de la préparation. Beaucoup de nos desserts sont « faits-maison » : bien sûr on achète les pâtes à tarte mais on les garnit et on les cuit sur place ; le dessert est par excellence un moment de plaisir : on y fait attention, on fait des essais, on varie … en gardant bien sûr les classiques – les cookies du Food-Truck !

Pour cela nous avons une vraie marge de liberté, de la part de Sodexo localement et de la part du chef d’établissement et du RAF avec lesquels nous travaillons en confiance. La qualité des produits est (et c’est une bonne chose) dans l’air du temps ; avec le chef d’établissement les rapports sont francs ; on peut se parler ; il encourage nos projets, soutient nos initiatives, nous donne les moyens de les réaliser :
à nous ensuite d’être à la hauteur de ce que nous proposons ! On travaille dans un climat de grande ouverture, de vraie liberté. L’équipe est diverse – des (très) « anciens », à Saint-Alyre depuis des décennies ;
d’autres plus récemment arrivés ; elle est investie, il y a règne bonne entente, avec parfois les tiraillements qu’on trouve dans n’importe quel groupe. Mais on fait corps ; on nous donne les moyens, à nous d’en faire le meilleur usage.

Le service s’effectue rapidement : quelle relation vous pouvez quand même tisser avec les élèves ?

On connaît les élèves, et avec eux … on sympathise, on rigole, ils peuvent nous appeler par nos prénoms, on fait des checks … les rapports sont bons. Nous ne sommes pas les surveillants … mais ceux qui donnent à manger ! Donc les élèves sont généralement « cool »
avec nous et nous respectent. Depuis 9 ans que je suis à Saint-Alyre, j’ai vu des élèves de l’école arriver au collège puis au lycée : ça crée des liens ! En même temps c’est sûr que nous avons un rôle éducatif, juste en servant la nourriture ; il faut de temps en temps rappeler à l’ordre, veiller à ceux qui subtilisent un dessert supplémentaire, emportent de trop grandes quantités … rien de méchant. Nous savons aussi que pour certains le repas préparé et servi à Saint-Alyre est leur seul repas équilibré de la journée …

Des mécontents ?

Peu tant parmi les élèves que parmi les adultes … généralement les mêmes et des plaintes récurrentes : on tâche ensemble d’en sourire. Mais malgré tout ça égratigne parce qu’on a le souci de bien faire !

Quel lien avec Saint-Alyre ?

Vraiment le sentiment de faire partie de la Maison, même si statutairement nous relevons d’abord de Sodexo. La satisfaction de travailler en confiance avec une vraie liberté ; le caractère exceptionnel du cadre dans lequel on travaille – le parc, la verdure … mais aussi la possibilité de bénéficier des moyens et des outils dont on a besoin : bien sûr en cuisine, mais aussi le « plus » qu’apporte le Food-Truck, avec la terrasse et la salle attenante qui ont été aménagées… « Je me sens bien ici, je me sens presque plus Saint-Alyre que Sodexo… », conclut « Fred ».

rencontre
Entretenir le cadre de vie
Rencontre avec les personnes chargées de l’entretien

L’équipe est constituée de 15 personnes, elle est pour le moment exclusivement féminine.
Ces 15 personnes ont en charge le ménage de 26 000 m2 de salles de classes, couloirs, chambres et sanitaires des élèves… En forme d’inventaire à la Prévert : quelques chiffres des produits utilisés et manipulés en 1 mois :

90 rouleaux XXL de papier hygiénique

90 bobines XXL d’essuie-mains

170 paquets d’essuie-mains de 150 feuilles pliées

42 litres de savon-mousse pour les mains

10 litres de désinfectant ultra-bio

6 litres de crème à récurer

40 litres de détergent ultra-vert

16 litres d’eau de Javel

400 sacs-poubelle de 110 litres 400 sacs-poubelle de 50 litres

Vos impressions quand vous arrivez le matin pour votre travail ?

« C’est ma deuxième maison » ; « on passe presque plus de temps ici que chez nous » ; celles qui sont là depuis longtemps (des années voire des décennies) parlent d’un monde « familier », voire d’une atmosphère « familiale ».

Elles ont été témoins de beaucoup de changements dans la Maison, dont certains ont aussi modifié leurs conditions de travail. Telle ou telle évoque « les sœurs »
connues quand elles étaient plus nombreuses et rencontrées fréquemment, c’était « un esprit de famille » qui manque aujourd’hui.

« En faisant le ménage on découvre l’histoire » : ce qu’il y avait avant au même endroit, comment on vivait …
Les grands dortoirs des filles autrefois, comme au K 3 :
1 lit-une table de nuit, 1 lit, une table de nuit… et les lavabos en batterie au fond du dortoir ; puis « les boxes »
au I 3 avec des rideaux comme séparations, où les filles se retrouvaient à 4 ou 5 ; les douches en batterie elles aussi au sous-sol, là où sont maintenant les salles de musique, où les internes descendaient par les grands escaliers de pierre ; les anciennes « petites »
chambres du H 3, devenues des salles de classe ;
le A2 où se situent les « salles des professeurs », autrefois chambres des sœurs ; le CDI au A1, autrefois
« réfectoire » de la communauté… Au hasard du travail en équipe, les plus anciennes racontent cela à celles qui sont arrivées plus récemment… Bien sûr en K 2 la « Salle des fêtes », avec ses gradins, sa scène et ses bancs en bois dont les craquements perturbaient les spectacles… devenue une grande salle pour les devoirs et les réunions…

On apprécie aussi la chance qu’on a de travailler dans ce beau cadre, avec le parc, la verdure …

Comment avez-vous vécu ces modifications, tout ce qui a changé avec le temps ?

On a bien conscience que c’est en vue d’un mieux, et d’abord pour les élèves ; généralement cela nous a aussi facilité la vie, l’entretien est plus facile… On a un peu la nostalgie de ce qu’on a connu avant, mais on sait bien que maintenant il ne peut plus être question d’ engranger les élèves dans ces immenses dortoirs ;
on évoque le temps de l’école dans le bâtiment
« Sainte-Claire » (pour le moment désaffecté ; on évoque les classes du bas, qui donnaient sur la place Ste George, et le préau impossible à nettoyer…). Celles qui ont connu ce temps jugent beaucoup plus confortables les bâtiments actuels de l’École, et ont été bien soulagées suite à l’installation de la pelouse synthétique : davantage d’espace pour que les enfants jouent … et moins voire plus du tout de boue traînée dans les classes par les chaussures…

Les tableaux verts, ou noirs : un enfer ! impossible de se débarrasser de la craie – celle du tableau et celle que les élèves écrasaient autour ; pour nettoyer il fallait passer le chiffon à la verticale puis à l’horizontale jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de trace … Tout un art. Les tableaux blancs sont beaucoup plus faciles à nettoyer !

Quelles relations avez-vous avec les élèves ?

On est sensible à la diversité : de culture, de provenance, de religion, de comportement ; pas simple de faire vivre ensemble autant de différence. La loi française interdit le port de signes religieux ostensibles : en général c’est respecté. Des élèves blancs et des élèves de couleur, des cultures différentes ; en Afrique on veut que les enfants deviennent médecins ou avocats ;
quand on arrive en France on s’aperçoit que ça n’est pas si facile et qu’il faut parfois renoncer au rêve…

Mais cette mixité est une bonne chose, elle oblige à apprendre à vivre ensemble.

Les élèves … on trouve de tout. Il y a ceux qui sont polis, bienveillants, ceux qui laissent un post-it dans leur salle d’eau pour remercier du travail, ceux qui présentent leurs vœux, qui souhaitent « bonnes vacances », ceux sur qui on peut compter pour éteindre les lumières et fermer les volets … ll y a des manières de dire « bonjour » le matin qui donnent envie de se mettre au travail… Il y a les plus petits de l’internat des garçons qui viennent parfois chercher un mot de réconfort, une main qui va essuyer les larmes…

Et puis bien sûr il y a les postures qui vous ignorent, ou les mots méprisants : « c’est votre travail » (de nettoyer ce qu’on a sali, de ramasser les papiers qu’on a laissé traîner…) : ces manières de faire sont blessantes.

Ce qu’on dit des élèves s’applique exactement de la même façon aux adultes : il y a ceux qui saluent, qui disent un mot… et ceux qui ne nous regardent pas, laissent leurs salles en désordre, oublient de fermer les fenêtres et d’éteindre les lumières … (« S’ils étaient chez eux, ils feraient davantage attention »)…

Des bons moments ?

Les grands ménages d’été, les équipes avec les garçons embauchés pour l’occasion, la bonne ambiance qu’ils mettent – on travaille, et on rigole ! ; les moments où le chef d’établissement et le RAF nous invitent pour un repas, le couscous cuisiné par l’une d’entre nous et partagé …

Ce qui est difficile ?

Le bruit ! Ce grand nombre d’élèves, ça fait du bruit ; les élèves qui descendent en récréation par les escaliers qu’ils dévalent comme des fous, en se bousculant et en criant …

Parfois l’exiguïté des locaux : des classes où les pupitres sont serrés, ce qui rend le ménage plus difficile parce qu’il faut déplacer les meubles…

Vous avez le sentiment d’être importantes dans la Maison ?

Oui, et d’abord parce qu’on nous le manifeste : on tâche de nous faciliter les conditions de travail (horaires organisés pour qu’on ait des après-midis libres ; réponse toujours positive lorsqu’on a besoin de matériel ou de produits) ; le directeur et le RAF sont à nos côtés et on nous manifeste de l’estime.

On sait bien que des lieux pas entretenus n’attireraient personne, et que s’il venait moins d’élèves, nos conditions seraient plus compliquées : on sait qu’on contribue à ce que des familles aient envie de nous confier leurs enfants, à ce que des élèves aient envie de venir à Saint-Alyre.

L’accueil : présence et rencontres
Anne Pierru

En charge de l’accueil

Selon le dictionnaire, accueillir consiste à être présent pour recevoir quelqu’un lors de son arrivée en un lieu. C’est dans cet esprit que nous assurons une présence de 7h30 à 19h pour accueillir les élèves, répondre aux parents. Les premiers appels annoncent les retards et les absences souvent liées à des problèmes de santé.

à chaque appel, une voix nouvelle, un nouveau message à transmettre, le plus précis possible !

Comment ne pas déceler parfois de l’inquiétude, de l’agacement ou le besoin d’être rapidement mis en relation avec un interlocuteur. Ces demandes toujours légitimes concernent les enfants : rendez-vous médical imprévu, sac de piscine oublié, souhait de rencontrer un professeur.

Des situations qui justifient un besoin d’être écouté par les éducateurs. Plus rapide et plus apaisant qu’un message sur école directe.

L’accueil physique demeure également essentiel.

Il s’adresse aux familles qui découvrent l’établissement pour la première fois, impressionnées par le grand parloir.

L’accueil des parents qui viennent rechercher leur enfant … sorties exceptionnelles qui donnent parfois lieu à des échanges sympathiques.

L’accueil des professeurs, avec lesquels un simple bonjour et un sourire permettent de créer un lien de confiance.

L’accueil enfin des élèves qui savent que nous sommes là pour les aider : contacter la personne qui soulagera le mal de tête, ou informera sur la salle de cours ou refera la carte de cantine perdue.

Ainsi, chaque journée est une succession de rencontres différentes.

La monotonie ne s’installe jamais !

Magali Goutaudier

En charge de l’accueil

Que diriez-vous de votre poste ?

L’accueil… c’est ce qui me nourrit. J’aime le contact avec les gens : parents, élèves, livreurs, collègues : ça me fait du bien et je fais en sorte que la réciproque soit vraie. C’est important pour moi que les gens qui arrivent se sentent un peu comme à la maison : donc d’accueillir, d’être chaleureuse, de mettre à l’aise, de donner un sentiment de sécurité …

Une sorte de cocooning ?

Oui, un petit cocon, éphémère… Mais même s’il ne dure que 30 secondes, c’est important.

Malheureusement ça n’est pas toujours possible : il y a des moments où « ça bourre », il faut répondre à plusieurs demandes en même temps (et, même avec la meilleure volonté, on ne le peut pas toujours !).

Ce qui peut être difficile ?

Le portail à ouvrir toutes les 10 secondes ! Il faut avoir l’œil sur l’écran, on est interrompu lorsqu’on téléphone ou que quelqu’un demande quelque chose… Mais bon, on le fait !

De l’agressivité ?

Vraiment très peu. Peut-être 3 ou 4 cas caractérisés depuis 6 ans que je suis ici.

On sent parfois de l’agacement de la part des personnes qui téléphonent ; mais en discutant on arrive à tempérer … On essuie les plâtres et quand on passe le téléphone au correspondant demandé, la pression est un peu redescendue…

Pas si facile d’accueillir les agacements en restant calme soi-même… Mais c’est vraiment très rare, de l’ordre de 2 par an !

C’est sûr qu’il y a aussi les heures de pointe, où tout se bouscule davantage.

Pendant que nous échangeons, s’enchaînent sans discontinuer :

  • un appel pour une inscription en 3ème : Magali demande les renseignements d’usage (« s’il vous plaît, merci ! ») et transmet via École Directe la demande à la responsable, en assurant la maman qu’elle sera rappelée dans la journée.
  • on demande l’ouverture du portail
  • un livreur arrive avec un colis, Magali signe le bon de réception
  • et elle appelle le destinataire au téléphone
  • des élèves passent et disent bonjour, Magali qui est au téléphone répond d’un signe
  • un surveillant appelle pour joindre un collègue : Magali l’informe que le caddy (disposé vers l’accueil pour la collecte qu’il a mise en route pour l’Ukraine) commence à bien se remplir.

Les qualités requises ?

Le sourire, la joie de vivre, le sens de l’accueil. Être à l’écoute pour le bon comme pour le mauvais ; agir en fonction des attentes, des besoins : pour les adultes comme pour les élèves : rassurer, réconforter … le temps qu’on joigne le responsable qui prendra le relais.

Et, bien sûr, … être (un peu) rigoureux !

J’ai beaucoup appris sur ce point, en particulier de ma collègue de l’accueil.

Avoir « des antennes » un peu dans tous les sens.

Saluer ceux qui passent même s’ils ne s’arrêtent pas vers nous ; en particulier les élèves qui disent bonjour pour la plupart : ne pas laisser ce signe sans réponse.

Propos recueillis par Sr S. Pierre

retours d’expériences
Trois chefs d’établissement dans le réseau Alix-Notre-Dame
L’Expérience d’un réseau
Sophie Muzerelle

Chef d’établissement maternelle et école élémentaire Ensemble scolaire Notre-Dame (Reims) Membre du conseil de tutelle du réseau Alix-Notre Dame

Être chef d’établissement dans le réseau Alix-Notre-Dame c’est appartenir à une famille, entrer dans une histoire à la suite d’Alix Le Clerc et Saint Pierre Fourier.

Je suis chef d’établissement de l’école Notre-Dame la Maîtrise à Reims depuis 2017, et ce qui m’a frappé dès mon arrivée dans ce réseau c’est cette culture de l’accueil par tous dans la simplicité et cette fraternité qu’il nous est donné de vivre. J’ai retenu quelques mots qui me semblent bien définir ce que nous vivons dans notre tutelle : accueil, confiance, fraternité, collaboration, accompagnement, service.

Accueil : chacun est accueilli au sein de la communauté éducative de son établissement mais aussi du réseau ainsi tous les personnels enseignants ou OGEC ; ils sont invités au moins une fois à participer à une session « Cannes » qui rassemble des personnels des différents établissements pendant une semaine et permet de découvrir l’inspiration de nos fondateurs. La reconnaissance de chacun nous tient à cœur

Confiance : Les sœurs ont fait confiance à des laïcs pour faire vivre les écoles, elles sont présentes pour nous accompagner et témoigner, nous portons avec elles le flambeau d’Alix Le Clerc et Pierre Fourier.

Fraternité, collaboration : Chaque année différents temps forts nous sont proposés pour échanger, travailler ensemble et faire vivre nos orientations, ces temps sont de vrais temps de compagnonnage, préparés par un groupe de pilotage de façon collaborative. Il y a tous les ans pour les chefs d’établissements du 1er degré une session dédiée avec un temps de formation, des temps d’échanges et de convivialité. Pour tous est proposée une session théologique, vrai temps de ressourcement personnel. Nous nous retrouvons aussi fin mai début juin en AG à Cannes pour des temps de travail partagé. Tous les 3 ans une session rassemble les adjoints et les chefs d’établissements. Nous sommes toujours heureux de nous retrouver et de partager ensemble.

Accompagnement : Chaque établissement est accompagné par un pair, membre du conseil de tutelle élargie, ce qui est un véritable soutien pour chaque chef d’établissement et son équipe. La fondation Pierre Fourier-Alix Le Clerc nous accompagne dans notre rôle de chef d’établissement à la fois sur le plan technique, immobilier, économique. Chaque année un comité immobilier et de gestion réunit les chefs d’établissements, les gestionnaires et les présidents d’ogec.

Notre tutelle prend soin de nous !

Elle nous permet d’être au service de nos élèves et de toute notre communauté éducative pour faire grandir chacun, portés par un projet et une histoire qui dépassent notre établissement en suivant l’intuition de Saint Pierre Fourier « Être utile à tous, ne nuire à personne ! »

Devenir fondateurs
pour les générations à venir
Denis Laroque

Chef d’établissement honoraire Membre du conseil de tutelle du réseau Alix-Notre Dame

J’ai rejoint le réseau Alix-ND il y a vingt ans, lorsque Sœur Cécile Marion, déléguée de Tutelle des Sœurs de Notre-Dame, et Monique Meyer, directrice diocésaine, m’ont confié la coordination de l’ensemble scolaire Notre-Dame Saint Sigisbert à Nancy.

Préalablement à ma prise de fonction, j’ai pu faire la connaissance des chefs d’établissement du réseau lors de leur assemblée annuelle animée par la Tutelle congréganiste. J’y ai été accueilli chaleureusement. J’ai apprécié la qualité des échanges sur les questions d’actualité et la manière de faire vivre le projet de nos fondateurs, Saint Pierre Fourier et Alix le Clerc, un projet qui se transmet depuis plus de 400 ans, à décliner selon les besoins du temps pour faire grandir avec bienveillance les jeunes qui nous sont confiés, et animer les communautés éducatives dans le respect des différences. C’est aussi à ce moment que Sœur Cécile m’a remis ma lettre de mission.

Les mutations actuelles, les mises en œuvre et remises en cause, les urgences et la multitude des tâches à assurer dans les établissements peuvent entraîner lassitude et découragement. Elles viennent alors entraver l’épanouissement des équipes. Elles peuvent fractionner et isoler les membres des communautés éducatives, réduisant ainsi leurs occasions de se poser pour s’accorder le temps de réfléchir, inventer pour innover sans perdre de vue l’importance de prendre soin les uns des autres. Le réseau Alix-ND accompagne ses établissements, suscite l’entraide et la mutualisation des moyens pour relever les défis d’aujourd’hui en veillant à transmettre le projet charismatique d’origine. Ainsi, les acteurs d’une époque deviennent-ils tour à tour fondateurs pour les générations à venir. Le vivre fraternellement dans une équipe où chacun doit pouvoir trouver sa place, en accueillant les personnes qui nous rejoignent, là où elles en sont de leur spiritualité est une gageure à laquelle chacun peut s’engager.

Face à la diminution de leurs effectifs, les sœurs de Notre-Dame ont anticipé le moment où elles ne seront plus en mesure d’assurer la tutelle de leurs établissements. Elles se sont dotées d’un conseil de tutelle où des laïcs se préparent à la relève. Il y a vingt ans, elles ont également créé la Fondation Pierre Fourier – Alix le Clerc, reconnue d’utilité publique, qui doit pérenniser leur projet apparu au début du XVIIe siècle. Cet organisme accueille aussi d’autres établissements, transmis par des congrégations qui partagent un charisme proche du nôtre. Vivre en acteur ce moment de transition qui assurera la pérennité des œuvres initiales est enthousiasmant.

Temps forts et rencontres donnent corps au réseau qui s’élargit à mesure que d’autres congrégations nous rejoignent. Ils nous offrent de mieux connaître les équipes et les établissements qui accueillent ces événements : marché aux idées, projets dynamisants intra ou inter-établissements, apports théologiques, place de la pastorale, pédagogies innovantes et nouveaux parcours de formation, management participatif, accueil des arrivants, préparation à la prise de responsabilités, gestion de l’immobilier, préparation aux contrôles et évaluations de nos établissements par l’état, élargissement de notre horizon pour nous adapter aux évolutions technologiques et sociétales, moments festifs et célébrations autour des dates anniversaires des fondateurs… autant de sujets qui nous aident à répondre aux besoins d’aujourd’hui, à réaliser des projets que nous ne pourrions mener seuls, qui nous réunissent et entretiennent durablement les relations.

Oui, ce réseau est un bel outil, il évolue en restant au service de tous ceux qui sont engagés dans l’accomplissement sans cesse renouvelé des projets de nos fondateurs. Il nous appartient à tous de le faire vivre au mieux et de le transmettre après nous. Pour longtemps encore.

Le réseau Alix-ND accompagne ses établissements, suscite l’entraide et la mutualisation des moyens pour relever les défis d’aujourd’hui

L’Alliance au quotidien :
Un chemin de transmission dans le réseau Alix-Notre Dame
Sébastien Caprioli

Chef d’établissement coordinateur de l’ensemble scolaire St Pierre FOURIER Paris 12e Membre du conseil de tutelle du réseau Alix-Notre Dame

La force de l’héritage : un parcours de vie

Entrer dans le réseau Alix-Notre Dame, c’est d’abord s’inscrire dans une histoire qui nous dépasse et qui nous façonne. Mon propre parcours témoigne de la vitalité de cette transmission : j’ai eu la chance de grandir au sein de cette « famille » éducative, d’abord comme enseignant dans l’un des établissements de la Congrégation Notre-Dame, puis comme directeur adjoint, avant de devenir Chef d’établissement il y a treize ans.

Aujourd’hui, à la tête de l’ensemble scolaire Saint-Pierre Fourier, je mesure combien ce cheminement m’a permis d’appréhender toutes les facettes de notre mission. Appartenir à l’un des 18 établissements du réseau, c’est accepter de faire partie d’un corps vivant, où la mémoire des fondateurs — Pierre Fourier et Alix Le Clerc — n’est pas une pièce de musée, mais un souffle bien réel qui irrigue nos décisions quotidiennes.

L’expérience du réseau : Un compagnonnage et un rempart

Le quotidien d’un chef d’établissement est souvent marqué par une forme de solitude face à la complexité des dossiers. Le réseau Alix-Notre Dame est, pour moi, le rempart le plus efficace contre cet isolement. Ces années m’ont démontré que la richesse de notre alliance réside dans la fluidité de nos échanges. Pouvoir solliciter un collègue, partager une interrogation ou confronter une pratique sur des sujets aussi divers que la gestion de crise, l’innovation pédagogique ou les défis éducatifs, est un luxe qui devient vite une nécessité.

Ce réseau incarne une véritable « spiritualité de la route ». Ce compagnonnage, qui nous invite à suivre le Christ dans sa vie publique, affirme la vocation apostolique de la Congrégation. Il nous permet de « grandir ensemble » selon l’esprit de Saint Augustin, marqué à la fois par la communion fraternelle et le respect profond de chaque personne.

Une communauté de métiers en mouvement

Ce réseau est un espace de résonance qui dépasse la seule fonction de direction. La Tutelle de la Congrégation Notre-Dame et la Fondation Pierre Fourier – Alix Le Clerc jouent ici un rôle de pivot essentiel en fédérant l’ensemble de nos forces vives. Les rencontres régulières qu’elles organisent constituent des temps de formation et de partage précieux pour tous les acteurs de nos maisons : les chefs d’établissement, les adjoints pédagogiques, les adjoints et coordinateurs en pastorale scolaire, les responsables administratifs et financiers, ainsi que les personnels OGEC. Nos enseignants y trouvent également des espaces de réflexion essentiels. Qu’il s’agisse de sécurité bâtimentaire, d’immobilier, de gestion, de pédagogie ou de spiritualité, ces rendez-vous permettent à chacun de s’enrichir du regard de l’autre. C’est ainsi que se forge une culture commune, cohérente et solide.

Mes fondamentaux : « Grandir ensemble » Fort de ce parcours, ma mission s’articule aujourd’hui autour de l’art de vivre porté par les sœurs et les laïcs de nos établissements :

  1. Le soin de la relation : Porter attention à soi, aux autres et à la Création. C’est le socle de notre équilibre.
  2. La vie fraternelle : Cultiver un art de vivre ouvert à tous et une réelle envie de travailler en collaboration. On ne construit rien de durable seul.
  3. Faire communauté pour apprendre : Être attentif à chaque élève avec patience, faire émerger les talents dans un environnement accueillant et agréable. À l’image de ce que souhaitaient nos fondateurs, l’établissement doit être un lieu où chaque jeune se sent attendu et reconnu.

Ma mission, in fine, consiste à faire en sorte que chaque jeune, au sortir de notre établissement, soit un peu plus au clair avec le sens qu’il souhaite donner à sa vie.

L’alliance avec Saint-Alyre :

L’alliance que l’Institution Saint-Alyre noue aujourd’hui s’inscrit dans cette dynamique de famille élargie. Pour la communauté éducative, rejoindre ou renforcer ce lien avec le réseau Alix-Notre Dame, c’est entrer dans une « familiarité » où l’on se soutient mutuellement à tous les niveaux de l’organisation. C’est la certitude que l’avenir ne se construit pas dans la crainte du changement, mais dans la confiance d’un compagnonnage solide, joyeux et partagé par tous.

demain, ensemble !
Visite de la tutelle Alix Notre-Dame
Prendre soin de…
un projet pastoral pour faire grandir chaque enfant
Marie Tritten

Chef d’établissement du 1er degré

À l’occasion de la visite de la tutelle Alix Notre-Dame, l’école primaire a présenté le cœur de son engagement éducatif : un projet pastoral incarné par toute une équipe.

Le projet pastoral a pour but de répondre à ces quelques questions : Que met-on vraiment au cœur d’une école ? Quelles sont les priorités que l’on pose avant tout le reste ? C’est à cette question fondamentale que répond le projet pastoral de l’école Saint-Alyre, rassemblé sous un thème : « Prendre soin de … pour faire grandir chaque enfant.

Pour construire ce projet, l’équipe éducative a choisi une image parlante : celle du bocal des gros cailloux. La métaphore est connue, mais elle dit l’essentiel. Si l’on commence par remplir le bocal de sable — les contraintes administratives, les programmes, les urgences du quotidien — il n’y a plus de place pour ce qui compte vraiment. Mais si l’on pose les gros cailloux en premier, tout le reste finit par trouver sa place autour.

À l’école Saint-Alyre, les gros cailloux ont un nom :
veiller au bien-être de chaque enfant, garantir l’inclusion, faire grandir, accueillir, accompagner avec patience, respect et joie. Quatre valeurs fondamentales les relient : le bien-être, l’écoute, la bientraitance et le partage. Une fois ces priorités posées, tout le reste s’organise.

Le projet pastoral s’articule autour du thème « Prendre soin de… » — de soi, des autres, du monde. Son objectif central : faire grandir chaque enfant dans un environnement sécurisant, bienveillant et stimulant.

Une matinée de rencontres et de partage

Le temps d’une matinée riche, Sœur Saint-Pierre et l’équipe pastorale Alix Notre-Dame ont été à la rencontre de l’ensemble de la communauté scolaire. Chaque classe a exprimé, à sa manière, les valeurs du projet pastoral :

  • Les élèves de petite section ont chanté et ont partagé leurs ateliers avec fierté.
  • Les CE1 ont interprété le répertoire de Chœur à cœur, offrant un moment musical joyeux et entraînant.
  • Le texte d’Anne-Marie Faure a été lu et illustré par les élèves de sa classe — un bel exemple de la place accordée aux mots et à la création.
  • Les CM1 ont présenté leurs exposés.
  • Les CM2 ont exposé leurs missions d’éco-délégués, témoignant d’un engagement concret pour leur environnement.
  • Sœur Saint-Pierre a également décrit le principe des ateliers philosophiques qu’elle mène au primaire — des espaces de parole et de réflexion précieux pour les enfants.

Cette matinée a été l’occasion de mettre en lumière le travail exceptionnel accompli par toute l’équipe éducative, et la richesse de ce qui se vit chaque jour dans les salles de classe et au-delà.

« Un enfant qui se sent en sécurité, écouté et respecté est un enfant qui peut apprendre, s’ouvrir aux autres, prendre confiance en lui et tisser des liens. »

Toute une équipe, un seul projet

Ce qui fait la force du projet pastoral de Saint-Alyre, c’est qu’il est porté, au quotidien, par chaque adulte de l’école : enseignants, ASEMS, AESH, secrétariat, vie scolaire et surveillants.

Tous contribuent par des gestes concrets, par des choix pédagogiques et leur manière d’être ensemble, à créer un environnement chaleureux, sécurisant et valorisant.

C’est cette cohérence entre tous les adultes qui donne au projet sa pleine force éducative.

Tous ces gestes — si discrets soient-ils parfois — constituent le socle sur lequel repose le bien-être de chaque enfant, condition première de tout apprentissage.

Un projet vivant, toujours en mouvement

Le projet pastoral de l’école Saint-Alyre n’est pas figé. Il évolue, s’enrichit, s’ajuste. Il se renouvelle à chaque rentrée, chaque semaine, chaque matin où un enfant franchit la porte de l’école et est accueilli par un adulte attentif.

C’est cette capacité à se renouveler, à ne jamais tenir pour acquis ce qui a été construit, qui en fait un projet véritablement pastoral : un projet qui prend soin de l’enfant pour le faire grandir.

Une volonté de continuité, une transition accompagnée et comprise
Marc Sarrail

Chef d’établissement coordinateur

Au terme de plus de deux cent ans de présence au cœur de Saint-Alyre, les Ursulines ont fait le choix, longuement mûri, de transmettre l’exercice de la Tutelle.

Cette décision, et sa conséquence, quatre années de réflexion, témoigne de la rigueur et du sens des responsabilités qui ont toujours guidé leur engagement. Nos Ursulines ont associé à

leur réflexion un conseil, composé de membres des différentes associations, qui font vivre au quotidien notre établissement.

Ce processus a permis de rencontrer plusieurs responsables de Tutelle appartenant à des réseaux nationaux. Au-delà des discours des uns et des autres, il était essentiel d’évaluer la compatibilité entre leurs traditions pédagogiques et pastorales et celles de notre institution.

Problématique fondamentale : nous ne souhaitions pas voir s’effacer l’esprit de notre Maison.

Le choix du réseau Alix-Notre-Dame s’est imposé par sa proximité naturelle avec la tradition ursuline — dans l’esprit, dans la pédagogie, dans l’approche pastorale. Il traduit une volonté de continuité plutôt que de rupture. La démarche collégiale qui a présidé à ce choix, en associant toutes les composantes des différentes associations, a permis que cette transition soit non pas subie, mais véritablement accompagnée et comprise par chacun.

Ce passage marque incontestablement un tournant. Chacun mesure ce que l’Institution doit à ces religieuses qui l’ont portée, façonnée et animée avec une constance remarquable. Leur empreinte demeure dans les murs, les pratiques, les valeurs et la mémoire de ceux qu’elles ont formés, souvent bien au-delà du cadre scolaire. Les grandes figures qui ont jalonné cette histoire commune ont su transmettre, par leur vie de foi et leur dévouement quotidien, une conception exigeante de l’éducation où l’attention à chaque élève n’a jamais été un principe abstrait mais une réalité vécue.

Il serait vain de nier la part d’émotion que suscite ce tournant. Mais il serait tout aussi inexact de n’y voir qu’une fin. Ce que les Ursulines ont construit ici possède cette solidité propre aux œuvres bâties dans la durée et la conviction : un socle sur lequel il est possible de continuer à édifier.

Il revient désormais à la nouvelle Tutelle – et nos échanges me convainquent qu’elle ne se fixe pas d’autre mission – de recueillir cet héritage et d’accompagner Saint-Alyre dans la poursuite de sa mission éducative, avec la même exigence et le même souci de l’élève qui en ont toujours constitué le fondement.

Jalons d’une histoire continuée
Sœur Saint Bernard

Ursuline

16 juin 1615 : la mère Antoinette Micolon, originaire d’Ambert, fonde le monastère des Ursulines de Clermont.

26 juillet 1638 : Clémence Ranquet ouvre un nouveau monastère à Montferrand.

Ces deux fondations adoptent Constitutions et règlements des Ursulines de la rue Saint-Jacques à Paris.

1791 : les couvents sont fermés, les sœurs trouvent refuge dans leurs familles.

1807 : Vingt ursulines issues de divers monastères de la région reconstituent une communauté dans ce qui reste des bâtiments de l’Abbaye bénédictine de Saint-Alyre. Elles se placent sous l’autorité de Mère Saint-Pierre Bravard, originaire d’Arlanc, issue du monastère de Montferrand.

1810 : un décret impérial autorise les ursulines à enseigner : c’est l’une des origines de l’actuelle Institution.

Au cours des XIXème et XXème siècle Saint-Alyre s’agrandit : Calvaire, chapelle, corps de logis, nouveaux bâtiments…

Septembre 1906 : la Loi Combes fait que les religieuses sécularisées poursuivent leur enseignement dans les mêmes bâtiments… désormais propriété d’une Association Loi 1901 : l’Ancienne Abbaye de Saint-Alyre.

1957 : la Loi Debré instaure dans les établissements privés sous contrat d’association, aux côtés d’un chef d’établissement, la présence d’une tutelle et d’un organisme de gestion (OGEC).

Cette longue histoire a conduit les ursulines, comme bien d’autres congrégations, à s’adapter au mieux au présent en restant fidèles à leur vocation : la formation des filles pour qu’elles deviennent des femmes à l’esprit ouvert, prudentes et attentives à l’évolution de la société dans laquelle elles vivent, capables d’y prendre part et résolues à le faire quel que soit leur état de vie.

De quelques filles pensionnaires à XIXème siècle, l’Institution est passée aujourd’hui à une population mixte de près de 2300 élèves ; elle est un pôle vivant et reconnu pour l’éducation qu’elle s’efforce de transmettre, et pour le sérieux avec lequel elle prépare ses élèves et étudiants à un avenir aux contours bien imprécis.

2026 sera l’année de l’alliance avec la Congrégation Notre-Dame qui reçoit l’Institution Saint-Alyre dans son réseau d’établissements « Alix-Notre Dame ». Les Ursulines de Clermont transmettent la tutelle de Saint-Alyre au Conseil de Tutelle de la congrégation Notre-Dame. Ce Conseil, mis en place suite à une réflexion amorcée à la fin du XXème siècle face à l’amenuisement des congrégations, reçoit sa délégation de la congrégation ; il est constitué de laïcs, chefs d’établissement actuels et anciens, et de religieuses.

Depuis 2022, de nombreuses rencontres, chaleureuses, amicales, constructives, ont permis une connaissance mutuelle et donné à éprouver nos proximités éducatives, pédagogiques, pastorales … et, bien sûr, humaines.

C’est donc de tout cœur et avec une entière confiance que nous vous passons le témoin.

Sûres de votre savoir-faire, de votre bienveillance, et des connivences entre nos histoires et nos identités, nous vous remettons cette responsabilité, convaincues qu’avec vous Saint-Alyre est en de bonnes mains pour conforter sa mission éducative et continuer à écrire son histoire.

Par touches impressionnistes…
Marie Rossi

ancienne élève

On m’a demandé d’écrire quelques mots sur le lycée de Saint-Alyre, où j’ai passé une année seulement… Comment m’y prendre ? je ne suis ni historienne, ni architecte …

Mais j’ai un petit côté artiste, et j’aimerais peindre, par touches impressionnistes, ce que fut pour moi cette année. J’ai apprécié ici, dès mon entrée, la beauté du lieu ; je suis convaincue qu’on élève l’esprit en élevant les yeux vers la beauté. Le grand parc, les arbres, l’écoulement de l’eau… ont été, même avec le brouhaha incessant de nous autres élèves, une respiration, une bouffée de fraîcheur : notre âme a soif de beau.

Ensuite, l’enseignement. Des professeurs passionnés pour la plupart, à l’écoute, conscients, déterminés, conscients de leur rôle auprès des élèves. J’ai perçu un enseignement de qualité, exigeant, rigoureux … sans démesure. On nous pousse au meilleur, on nous aide à l’atteindre.

Mais à Saint-Alyre on ne fait pas que calculer ou disserter ! J’ai apprécié la vie, les projets pastoraux, messes, sorties culturelles ; la semaine de marche sur les chemins de Compostelle, les projets associatifs, concours d’éloquence (*), bal de promo en fin d’année : les moments de rencontres, de partage et de joyeuses festivités n’ont pas manqué … Et c’est peut-être ce que, dans 20 ans, je retiendrai de cette année.

Et puis, enfin et surtout, les amitiés. J’ai eu la chance d’être accueillie ici par des sourires, des cœurs droits, des regards clairs : ceux que j’appelle aujourd’hui mes amis ; je leur suis infiniment reconnaissante, l’amitié fait rayonner les murs vénérables de Saint-Alyre.

Une institution comme Saint-Alyre, vouée à l’éducation, ne serait rien sans les personnes qui la font vivre ; la formation de la personne passe par ses relations …

La vie est faite de départs incessants, de débuts et de commencements, de pages terminées qui se tournent. Le grand livre de l’Histoire avance et se construit. Celui de Saint-Alyre aussi et un nouveau chapitre commence bientôt.

Changement de tutelle, page nouvelle. J’ai eu la chance de partager un modeste bout de cette grande histoire, et j’en tire la conviction qu’elle se poursuivra avec le même souci de faire grandir, d’éduquer.

Je souhaite à Saint-Alyre un avenir à la hauteur de son passé. Un enseignement riche, profond, un esprit d’entraide, de partage et de respect, une attention portée à chacun, des paroles et des actes vrais. Je souhaite à tous de pouvoir comme moi partir de cette Maison en souhaitant un jour y revenir.

Marie Rossi

(*) dont Marie fut la brillante lauréate de l’édition 2025, avec une ébouriffante prestation parlée, chantée, jouée … inoubliable ! (ndlr).

Une institution comme Saint-Alyre, vouée à l’éducation, ne serait rien sans les personnes qui la font vivre

Le passage de témoin
Bernard Nugier

Président de l’OGEC

Implantée au cœur de Clermont-Ferrand, l’institution Saint-Alyre fait partie du patrimoine historique, religieux et éducatif de la métropole régionale. Elle est reconnue et respectée pour la qualité de son accueil et l’excellence de ses résultats. Pendant plus deux siècles, les Ursulines ont imprimé à l’établissement leurs valeurs humanistes et leur conception de l’éducation, fondée sur l’accompagnement des jeunes vers leur plein épanouissement. Au-delà de la simple transmission de connaissances il s’agit d’aider les jeunes à avoir confiance en eux-mêmes, à se construire une personnalité, à devenir autonomes et responsables pour réussir leur vie d’adultes.

C’est ce projet éducatif qui, aujourd’hui plus que jamais, fait l’âme de Saint-Alyre. Au fil des années, l’établissement s’est développé et s’est adapté aux réalités contemporaines. Mais, fort d’une communauté éducative très impliquée, il est resté fidèle à ses valeurs.

Soucieuses de faire perdurer ces valeurs, après elles, au sein de l’établissement, les Ursulines ont fait le choix de transmettre la tutelle à la congrégation Notre-Dame, qui partage la même approche de l’éducation. Saint-Alyre s’apprête ainsi à intégrer un réseau mais l’établissement gardera son âme et son autonomie de gestion.

Jusque-là propriété de l’association des Amis de l’Ancienne Abbaye, l’immobilier sera confié à la Fondation Pierre Fourier Alix le Clerc, reconnue d’utilité publique, qui gère le patrimoine du réseau. L’OGEC deviendra locataire de la Fondation et continuera de gérer les moyens humains et financiers de l’établissement.

Si elle est « historique » dans le sens où elle marque la fin d’une période, la transmission de la tutelle n’en demeure pas moins un événement « tranquille » dans la mesure où le passage de témoin s’effectue dans la continuité, tant au niveau des valeurs que des moyens.

L’OGEC, qui perdure dans la nouvelle configuration, est un gage supplémentaire, s’il en est besoin, de cette continuité. Il intégrera bien sûr la nouvelle tutelle dans ses instances mais continuera d’associer les Ursulines, toujours présentes physiquement sur le site, à ses décisions.

La « Maison » Saint-Alyre
Sœur Saint Jean-Baptiste

Ursuline

J’appartiens à la « Maison Saint-Alyre » depuis soixante ans. Aujourd’hui, à la retraite depuis vingt ans, je me perds parfois dans les couloirs, entre les portes et les nouveaux circuits quand je circule à l’occasion ; mais j’y retrouve toujours un je ne sais quoi de familier, un « air » qui plane, une atmosphère qui vous enveloppe, comme un microclimat, très auvergnat, qui combine rigueur et chaleur. Et je sais que le changement climatique – pardon, le changement de tutelle, en fait, ne touchera pas à ce climat-là.

La rigueur, c’est le sérieux dans le travail : celui qu’on demande aux élèves mais aussi et peut-être plus encore aux enseignants comme à tout le personnel ; c’est le sérieux des engagements et de la parole donnée, source de confiance ; c’est le sérieux des projets, même modestes (un voyage d’études à l’étranger pour des terminales, trois jours en Provence avec des 6èmes, ou une sortie au parc Montjuzet avec une Grande Section se préparent et se vivent avec le même souci de l’organisation dans les détails comme de la joie de chacun à participer)… La rigueur c’est aussi la lucidité critique qui juge les situations, les faits, les circonstances, pas les personnes ; et qui s’incarne au quotidien dans l’adaptation permanente à la réalité du présent.

J’ai vu la semaine finir le samedi midi, puis seulement un samedi par mois, « pour les contrôles », enfin s’arrêter le vendredi soir : on a adapté emplois du temps et exigences d’apprentissages. J’ai vu l’arrivée des garçons : au collège d’abord, cinq en 4ème, et puis 22 dont 8 internes (les frères des filles internes), pour lesquels ce sont les locaux qu’on a adaptés… et quelques habitudes ; mais ce fut un changement très bénéfique ! J’ai vu l’ouverture de la « 6ème européenne », et de la classe CHAM : il a fallu adapter élèves, professeurs et parents aux différences. Lent et patient travail pour surmonter incompréhensions, jalousies ou médisances… L’adaptation c’est le pain quotidien, qui continuera nécessairement !

Plus fondamentale, celle qui a nom « attention à chacun » : le souci premier des personnes, donc de chacune en particulier. C’est l’essentiel de ce que j’ai nommé
« chaleur » dans le climat saint-alyrien : la chaleur humaine des relations, qui ne se commande ni ne s’impose, mais se tisse au fil des jours, dans la confiance, entre élèves, entre collègues, entre jeunes et adultes ; cela se gagne beaucoup par des activités communes, des occasions d’agir ensemble. Pour la famine en Éthiopie, l’opération « un kilo de riz » a mobilisé petits et grands ; pour aider l’école du Sénégal à construire deux classes : le « bol de riz » des volontaires le Vendredi-Saint, qui continue avec d’autres destinataires. Pendant dix ans j’ai accompagné tous les 3èmes pendant une semaine dans une capitale européenne : 150 jeunes dont beaucoup n’avaient jamais voyagé hors de France, 10 professeurs, 3 bus : expérience d’une très grande richesse pour tous, culturellement et humainement. Aujourd’hui je sais que chaque année, à l’initiative de tel ou telle, des groupes se constituent autour d’un projet culturel, caritatif ou autre : chemin de Compostelle, service hospitalier à Lourdes, environnement propre … Toutes occasions de mieux se connaître, d’agir pour les autres, d’aller au bout d’une démarche, bref, de se construire. Je vois cela de l’extérieur et je m’en réjouis, et je suis sûre qu’il y aura encore de belles et riches initiatives !

J’ai toujours participé à la catéchèse et accompagné 35 promotions de Confirmation : en ce domaine on ne peut guère tirer de conclusions de ce qui est visible ; on sème, d’autres peuvent récolter. J’ai vu le nombre des participants diminuer et la qualité de la préparation augmenter, j’ai vu des miracles de la grâce, j’ai vu des enfants m’édifier profondément, mais tout le reste appartient au secret de Dieu. Aujourd’hui la pastorale rencontre d’autres difficultés et a besoin d’être vraiment soutenue.

Mes activités actuelles me font rencontrer nombre d’anciens élèves, d’anciens parents d’élèves, qui me disent quasiment tous la même chose : « ma sœur, c’était du bon temps ! », et surtout : « je dois beaucoup à Saint-Alyre », « il (elle) a beaucoup appris à Saint-Alyre, et pas seulement des études ! » … Ils ne savent pas en dire plus ! Mais cela suffit.

Et la Maison continuera et d’autres recueilleront les mêmes témoignages.

Mon école…
vue par les cE1
Anne-Marie Faure

Si tu passes rue Sainte-George,
Viens voir mon école.
Si tu passes rue Sainte-George,
Viens voir mon école.
Avec les vieux marronniers et les prés aux chevaux,
Oh ! que c’est beau !

Une école aux pieds des Volcans d’Auvergne
Avec son grand parc verdoyant et ses bâtiments qui fourmillent de vie : école, collège, lycée, cantine, lieux de sport
Un vrai petit village, une école, une deuxième maison.

Une école traversée par une rivière : la Tiretaine,
Où l’on rencontre des enseignants, des surveillants, des copains,
Et l’on apprend à écouter et respecter les voix de chacun
Une école où l’on sent que tout est lié.
L’âme de la maison

Une école où un calvaire domine la ville,
Qui invite à lever les yeux, à regarder plus loin que soi,
À penser le monde ensemble
À faire naître ses talents
À bâtir sa maison

Une école avec une chapelle aux vitraux colorés,
Qui nous appelle au silence
Pour prier, réfléchir et se ressourcer

Une école remplie d’enfants
Animée aux couleurs du bonheur
Une deuxième maison
Où se tissent des liens jour après jour
Une école où les conflits ne prennent pas le dessus
Où l’on apprend à dialoguer en faisant des choix
Pour mieux se retrouver et se donner la main
Une école du prendre soin et du bien vivre
Comme à la maison

Une école où l’on apprend à lire, à écrire, à compter
Mais aussi à courir, à jouer,
À chanter la vie en mille langues
Une école qui permet de découvrir des mondes
À l’image d’une maison

Une école qui transmet des valeurs éducatives
Où rayonnent les mots magiques : bonjour, merci, s’il vous plaît, au revoir
Les mots de la maison
Une école où respect et bienveillance sont essentiels
Où l’on peut se tromper, recommencer,
Une école qui permet de célébrer la vie,
Les petits progrès, les grandes réussites
Où les adultes nous accompagnent avec bienveillance
Et nous aident à grandir avec confiance
Tout comme à la maison

Si tu passes rue Sainte-George,
Viens voir mon école.
Si tu passes rue Sainte-George,
Viens voir mon école.
Avec les vieux marronniers et les prés aux chevaux,
Oh ! que c’est beau !